La vocation de libraire à l’ère numérique

Il suffit maintenant de quelques clics pour acheter un livre en ligne. On peut aussi se passer du vénérable objet de papier et lire sur son téléphone, une liseuse ou autre tablette électronique. Mais la surface froide d'un écran ne remplacera jamais l'intelligence et les conseils d'un bon libraire.
Morgane Marvier, libraire depuis six ans à la Librairie Monet, a su qu'elle avait la vocation après un détour par les univers cousins de l'édition et de la bibliothèque. Française, documentaliste de formation, elle est tombée amoureuse du Québec lors d'un premier séjour pour un stage chez un éditeur. Elle est revenue quelques années plus tard avec une idée claire: faire carrière en librairie.
«C'est un métier où l'on apprend tous les jours, dit-elle. Il faut avoir une vaste culture générale et une bonne connaissance de l'actualité. J'aime mon métier pour l'échange avec les clients. C'est une façon de partager ce qu'on aime. Quelqu'un qui me revient en disant avoir adoré le livre que je lui ai conseillé, il n'y a rien de plus génial!»
Elle-même grande lectrice, elle est passionnée de romans policiers, au point de créer un blogue sur le sujet, Carnets noirs. D'ailleurs, il faut avoir un petit côté détective pour être libraire, et aimer fouiller, car ce que le client demande n'est pas toujours évident. Comme cette dame charmante qui cherchait un polar, Les souliers écossais.
«En fait, c'était plutôt Les chaussures italiennes!», raconte la jeune femme en riant.
L'anecdote est révélatrice: les moteurs de recherche ne sont pas près de remplacer la perspicacité humaine.
Un professionnel reconnu
«Un bon libraire est un éclaireur. Il fait faire des découvertes à ses clients. Aujourd'hui, on peut acheter des livres partout: sur l'internet, dans les grandes surfaces, les pharmacies... Pour lutter contre cette concurrence, le libraire doit être créatif et rendre sa relation avec le client importante», dit Isabelle Gaudet-Labine, coordonnatrice à la formation continue au Conseil québécois des ressources humaines en culture (CQRHC).
Sans le libraire, la «bibliodiversité» est menacée, ajoute-t-elle. «Il assure la diffusion de livres de diverses origines, de maisons d'édition, d'oeuvres et d'auteurs moins connus, bref, tout ce qui passe sous l'écran radar des médias de masse. Ce n'est pas un site internet qui peut faire ça».
Avec l'Association des libraires et d'autres intervenants, le CQRHC a mis sur pied un programme d'apprentissage en milieu de travail pour mieux former les libraires qui le désirent et leur permettre d'acquérir davantage de reconnaissance professionnelle. À la fin du programme, les libraires reçoivent un certificat de compétences du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Le CQRHC donne des outils pédagogiques aux libraires expérimentés pour qu'ils deviennent compagnons et transmettent leurs connaissances aux apprentis, sur les lieux de travail.
«Depuis septembre 2007, nous en sommes à 83 libraires certifiés. C'est un résultat quand même satisfaisant pour un métier qui n'avait aucune tradition de formation reconnue au Québec», dit Mme Gaudet-Labine.
Morgane Marvier, elle-même compagnon, a déjà formé quatre apprentis libraires.
«En France, le métier de libraire est clairement reconnu et nécessite une formation académique, dit-elle. Quand on m'a parlé du projet, j'ai accepté tout de suite, car j'ai constaté qu'ici, ce n'était pas aussi reconnu. Le programme permet de répandre le métier partout au Québec. Ceux qui sont passés par le programme vont pouvoir en former d'autres.»
Une formation structurée qui se substitue à la formation «sur le tas», sans que l'on soit obligé de passer par les bancs d'école. Pour obtenir leur certificat, les apprentis doivent maîtriser certaines compétences obligatoires.
Par exemple, ils doivent savoir utiliser toutes les ressources de la librairie et le système de classement des livres, accueillir et conseiller les clients, et être capables d'aménager une aire de vente selon un concept de présentation.
«Ils apprennent en étant confrontés à des situations réelles, dit Morgane Marvier. À la fin de leur apprentissage, on leur demande de créer une grande vitrine thématique. Ils doivent choisir un thème, faire des recherches, commander les bons livres, trouver des objets décoratifs et installer le tout.»
Car s'il transmet la culture, le libraire doit aussi savoir vendre. Il en va de la survie de son commerce.
«Le défi actuel du libraire est de créer un lieu où les gens ont le goût d'aller et où il fait bon passer du temps, dit Isabelle Gaudet-Labine. Il doit organiser des clubs de lecture, des expositions, des rencontres avec les auteurs. C'est aussi cela qui distingue la librairie des autres endroits où l'on vend des livres.»
Caroline Rodgers, collaboration spéciale LA PRESSE
via La Presse.ca
Ecris ta propre version de l’histoire
"Griffonnator", ce sont des aventures complètement folles à dessiner, colorier et compléter ; écrites par Nikalas Catlow, Tim Wesson et toi.
Chez Gallimard, à partir de 8 ans.
Deux histoires disponibles : "Romains contre Dinos sur Mars" et "Robots contre Gorilles dans le Désert".
Bienvenue chez « Bob and Bob »
Alberta, alias Allie, se réjouit de l'arrivée des vacances : elle va pouvoir travailler à temps plein dans son magasin de disque préféré "Bob and Bob". Biberonnée aux 33 tours par des parents amoureux de musique, elle se lance dans un blog pour faire découvrir sa passion. Tranche de vie d'une adolescente déjantée, ce roman séduira les jeunes dès 13 ans par son humour et ses références musicales.
"Princesse Vinyle" d'Yvonne Prinz chez Albin Michel, collection Wiz.
Apocalypse : destruction ou révélation ?

Dans notre monde soumis à des bouleversements intenses, les prédictions « apocalyptiques » sont à la mode. Pourtant la plus célèbre des apocalypses, celle de Jean, que les prophètes de malheur aiment à solliciter, a-t-elle pour visée de nourrir nos angoisses et nos phobies ? Pour Jean-Yves Leloup, la révélation de ce qui arrive, de ce qui vient, peut être vue dans différentes lumières, et c'est à un regard ni résigné ni effrayé devant les événements que nous invite l'Apocalypse de Jean.
À travers une traduction inédite et un commentaire abondant de ce texte fondamental de la spiritualité universelle, Jean-Yves Leloup, à qui l'on doit déjà une remarquable traduction de l'Evangile de Jean et des Evangiles apocryphes de Thomas, Philippe et Marie, nous fait porter un autre regard sur le monde présent et à venir. Jean-Yves Leloup est docteur en philosophie, psychologie et théologie, écrivain, conférencier, dominicain puis prêtre orthodoxe.
L'Apocalypse de Jean, Jean-Yves Leloup, Albin Michel, 2011
Vivre aujourd’hui avec des philosophes ?

Que peut nous apprendre Homère sur la nature véritable du héros ? La paix de l'âme vient-elle de l'absence de troubles (Epicure) ou du fait de se dire que nous ne sommes responsables que de notre volonté, le reste n'étant pas de notre ressort (Epictète) ? En quoi Socrate peut-il nous aider à penser ?
C'est à travers un très beau voyage à travers l'histoire de la pensée antique que Roger-Pol Droit, philosophe et chercheur au CNRS nous invite à nous questionner sur ce qui fonde l'existence : vivre, s'émouvoir, penser, gouverner, mourir. Rédigé de manière claire et très explicite, ce livre est en outre accessible à un large public, tant philosophe averti que grand débutant !
« Vivre aujourd'hui avec Socrate, Epicure, Sénèque et tous les autres »,Roger-Pol DROIT chez Odile Jacob poche, 2012 – 8,40 euros
Encore un peu de Jane Austen
Julia n'aime pas du tout attirer l'attention sur elle. Sa meilleure amie Ashleigh est tout son contraire : dès qu'un livre ou un film lui plait, il faut qu'elle se transporte dans l'univers de l'histoire lue ou vue. Julia a la mauvaise idée de lui parler de son auteur préférée, Jane Austen, et ni une ni deux, Ashleigh se met en mode Bennet. Que faire, donc, quand on est timide et qu'on a pour meilleure amie la monomaniaque la plus exubérante que cette terre ait porté ? Julia n'a pas encore trouvé la réponse et se laisse emporter à nouveau par la folie de son amie.
Un beau roman, un peu fleur bleue, à lire dès 14 ans.
"La fille qui voulait être Jane Austen" de Polly Shulman chez Albin Michel.
Si vous avez lu et aimé ce livre, vous aimerez probablement "Prada et préjugés" dans la même collection, un peu moins bon toutefois, mais jouant avec les mêmes transgressions temporelles et le même univers littéraire. Si ces romans déclenchent chez vous une intense curiosité à propos de Jane Austen, n'hésitez plus, ses oeuvres sont disponibles dans notre librairie en version complète mais également en version abrégée.
« Vengeances romaines » de Gilda Piersanti
Dans ce premier opus du second cycle des saisons meurtrières, Gilda Piersanti non seulement nous plonge au coeur du phénomène des badanti, mais nous fait également revivre les années de plomb de l'Italie, tout en nous jetant au plus profond de la mémoire de personnes blessées pour lesquelles la vengeance n'apparait plus que comme l'unique solution !
Vengeances romaines, Gilda Piersanti, Pocket, 280p., 7,90 euros
Mathieu Hidalf et la foudre fantôme
Deuxième opus des péripéties du jeune Mathieu Hidalf, pro de la bêtise et désespoir ultime de son père. Mathieu annonce la couleur dès le début : il sera accepté dans la célèbre "Ecole de l'Elite" sans avoir besoin de travailler. En effet, il compte devenir le premier élève accepté en trichant, le premier élève à berner le conseil de discipline, le jury et la froide et sévère directrice, la comtesse Dacourt.
C'est un plaisir de retrouver Mathieu, entouré de ses trois soeurs, sa mère aimante, son père bourru et tous ses autres compagnons dans cette aventure aussi passionnante que désopilante.
"Mathieu Hidalf et la foudre fantôme" Christophe Mauri - Gallimard jeunesse
A lire avant : "Le premier défi de Mathieu Hidalf", dès 10 ans.
Le retour de Balthazar
Le deuxième tome des histoires bizarres de Balthazar est enfin paru ! Le jeune garçon retourne à La-Roche-Crampon espérant y passer des vacances plus calmes que les dernières. Malheureusement, il touche l'amulette de feu son grand-oncle Bartholomé, réveillant ainsi un duo de pirates sanguinaires qui va se lancer à sa poursuite. Un allier inattendu viendra l'aider à défendre le manoir familial. A dévorer dès 8 ans.
"Les fantômes des glaces" Chris Mould - Bayard
Il est préférable de lire le premier tome des aventures de Balthazar avant de se lancer dans celui-ci.
« Le rêve d’Amanda Ruth »
Afin d'accomplir le rêve de de sa meilleure amie décédée, Jenny entreprend une croisière sur le Yangzi Jiang en Chine. Elle espère ainsi en faire le deuil et peut-être aussi sauver son mariage. Les souvenirs se bousculent, mêlés de culpabilité. Des rencontres inattendues boulversent sa vie et son avenir...
Voyage douloureux et plein d'espoir qui nous mène jusqu'au fameux barrage des Trois Gorges.
Julie
Le rêve d'Amanda Ruth, Michelle Richmond, Pocket, 7,90€, 284 pages









