Toutes les maisons sont dans la nature …
Dans ce bel album, Didier Cornille nous présente à l'aide de dessins sobres et colorés les oeuvres des grands architectes contemporains. En plus des illustrations et descriptions des constructions, l'auteur ajoute une petite biographie et quelques dates marquantes.
Un album idéal pour découvrir l'architecture à partir de 7 ans.
"Toutes les maisons sont dans la nature", Didier Cornille, chez Helium, 14.9€
Coup de coeur bit-lit : la marque du démon
Et une nouvelle très bonne surprise chez Milady ! Un petit bijou oscillant entre policier et fantastique, "Kara Gillian" vous prendra aux tripes et ne vous laissera pas de marbre. A mi-chemin entre Patricia Cornwell (pour le côté médecine légale et enquêtes) et Patricia Briggs (pour les héroïnes à caractère et la profondeur des émotions), Diana Rowland nous propose une sérié haletante où profilage et invocations démoniaques se succèdent à un rythme effréné. Pas besoin d'hésiter, Kara Gillian est ma nouvelle héroïne préférée : un flic consciencieux et humain, qui se transforme la nuit tombée en une invocatrice effrontée mais minutieuse. Comble du bonheur, la suite est déjà parue ! Merci l'éditeur !
Quentin
coup de coeur bit-lit (adulte) : Demonica
La bit-lit, c'est à la fois du paranormal et de la romance. Ce dernier thème est particulièrement épicé ici, car l'histoire suit une fratrie d'incubes, des démons fortement portés sur la séduction et ce qui s'ensuit... Mais attention, les scènes torrides ne s'enchaînent pas gratuitement, ce qui est parfois un péché du genre. Ici, une intrigue solide, des personnages bien travaillés et multidimensionnels et un monde démoniaque caché qui ne manque pas d'attraits. On se plapit à explorer les realtions difficiles entre séduction et destinée, entre haine et attraction. Une série à découvrir, donc, pour ceux et celles qui n'ont pas froid aux yeux. Ni ailleurs ...
Quentin
Saint-Maman
Oyez, oyez les enfants!
Voici venu le temps de fêter votre maman. Mais malheureusement pour vous, vous avez passé l'âge des colliers de nouilles, des porte-bics en rouleaux de papier toilette, des cendriers en pâte à sel et autres bricolages dans lesquels resplendissait votre créativité et qui arrachaient un sourire ému à votre maman. Heureusement, aujourd'hui, Molière est là pour vous sauver la vie.
Même si, évidemment, votre maman sera toujours heureuse de humer les pages des livres de cuisine, de ménage et autres romans d'amour qui exaltent sa féminité ; si vous désirez cette année battre le petit dernier de la famille qui trouve toujours le cadeau idéal et vous vole toujours la vedette, voici déjà quelques idées pour vous donner l'inspiration :
Pour la maman psychopathe :
- "Au delà du mal" (S. Stevens ; Sonatine ; 26,40 €)
- "Le dévouement du suspect X " (K. Higashino ; Actes Sud ; 21,30 €)
- "L'Invisible" (R. Pobi ; Sonatine ; 23,95 €)
Pour la maman vampire :
- "Dark Shadows" (L. Parker ; M. Lafon ; 21,40 €)
- "Entretien avec un vampire" (A. Rice ; Plon ; 21.40 €)
- "Le livre perdu des sortilèges" (D. Harkness ; Livre de Poche ; 9.50 €)
Pour la maman romantique :
- "Les lettres du mercredi" (J. F. Wright ; City ; 8.30 €)
- "La vie et moi" (C. Ahern ; Flammarion ; 19.90 €)
- "La vie romantique d'Alice B" (M. Gideon ; Fleuve Noir ; 22.70 €)
Pour la maman historienne :
- "Femmes de dictateur 2" (D. Ducret ; Perrin ; 23.70 €)
- "Isis l'éternelle" (F. Quentin ; A. Michel ; 21 €)
Pour la maman "alternative" :
- "Le guide de l'amateur de Malt whisky" (M. Jackson ; Solar ; 33,70 €)
- Cigares (G. Tesson ; Hachette ; 28,20 €)
Pour la maman psychologue :
- "Opération bonheur" (G. Rubin ; Belfond ; 21,70 €)
- "De l'Amour" (R. Vaneigem ; Cherche- Midi ; 21,65 €)
Pour la maman dépassée :
- "J'ai tout essayé "(I. Filliozat et A. Dubois ; Lattès ; 19,65 €)
- "Calme et attentif comme une grenouille" (E. Snel ; Arènes ; 24,80 €)
Pour la maman bédéphile
- "Une nuit à Rome" (Jim ; Bamboo ; 18.20 €)
- "Restons calmes" (S. Bravi ; Casterman ; 15.00 €)
Si votre maman ne possède aucun de ces traits distinctifs, car - comme chaque enfant le sait - elle est unique, Molière pourra vous aider à trouver encore un million d'idées et dénicher le cadeau parfait pour l'auteur de vos jours.
Alors, plus de temps à perdre, foncez nous voir !
L’auteur de «Max et les Maximonstres» est allé se coucher
Le mythique Maurice Sendak est décédé à l'âge de 83 ans. Dans ses contes, il avait su montrer que l'existence est aussi angoissante pour les petits que pour les grands.
L’auteur et illustrateur Maurice Sendak est décédé au matin du mardi 8 mai 2012, des suites d’une congestion cérébrale, à Danbury, dans le Connecticut. Il avait 83 ans. Depuis les années 1960 et la parution de «Max et les Maximonstres», il avait contribué à sortir les livres pour enfants de la déprimante niaiserie qui a trop souvent caractérisé le genre.
Sendak naît à Brooklyn en 1928, dans une famille modeste de juifs polonais. Son enfance et sa jeunesse sont marquées par les drames de l’histoire, la crise de 1929, la Shoah qui frappera une partie de sa famille. Il est un enfant malade, qui doit garder le lit pendant de nombreux mois, et angoissé: il confiera par exemple à plusieurs reprises la terreur qu’il a ressentie après le kidnapping et l’assassinat du petit enfant de l’aviateur Charles Lindbergh – fait divers qui défraie la chronique tout au long des années 1930, au point d’être considéré par le journaliste Henry Mencken comme «la plus grosse histoire depuis la Résurrection». On retrouve d’ailleurs certains motifs de l’affaire dans l’œuvre de Sendak.
Maurice Sendak commence sa carrière à la fin des années 1940 dans un magasin de jouets, ce qui lui permet de rencontrer une éditrice de livres pour la jeunesse. Dans les années 1950, il illustre un certain nombre d’ouvrages, dont un de Marcel Aymé. La consécration vient lorsqu’il devient auteur en 1963 avec «Where The Wild Things Are», traduit en français sous le titre «Max et les Maximonstres».
A moins d’être un septuagénaire qui n’a jamais croisé un seul enfant depuis quarante ans, vous en connaissez l’histoire: le petit Max, qui a revêtu un costume de bête poilue, est envoyé au lit par sa mère, sans avoir soupé, en se faisant traiter de monstre; il va dans sa chambre, qui se transforme alors en forêt peuplée de monstres grotesques et complètement fous, de créatures velues et griffues, d’animaux égocentriques à grosses têtes. Il devient leur roi et leur annonce: «Nous allons faire une fête épouvantable.»
L’ouvrage emporte un succès écrasant auprès des enfants, mais n’est pas apprécié par tout le monde. Certains libraires le refusent. Les psys le jugent nocifs – en France aussi, on se souviendra que Françoise Dolto en déconseille la lecture et le trouve trop effrayant.
Malgré cette docte opposition, «Max et les Maximonstres» est une révolution. Comme toute révolution est un retour à un point de départ, le livre plonge à nouveau la littérature enfatine dans un trouble inquiétant qui rappelle les frères Grimm ou Lewis Carroll. Désormais, on ne donne plus impunément à lire aux petits des livres gourdiflots pour salles d’attente de département pédiatrie.
Avec «Max et les Maximonstres», Sendak rappelle aux adultes que les enfants sont comme eux: ils sont terrifiés sans savoir ce qui les terrifie, ils tentent eux aussi de survivre. Ils savent que les hommes meurent, et qu’avant de mourir ils ne vivent pas vraiment. Ils sont eux aussi tiraillés entre la recherche d’une aventure qui vaille d’être vécue et la peur de perdre le petit confort que le destin leur a accordé.
Les enfants aussi savent que l’amour est une drôle de chose. Dans «Quand papa était loin», une fillette nommée Ida a la charge de sa petite sœur. Celle-ci se fait kidnapper par des gobelins. Ida part à sa recherche, mais à contre-cœur. Elle l’oublie d’ailleurs vite et ne pense qu’à s’amuser dans son arrière-monde fantasmagorique. Les gosses de Sendak sont frappés par une mélancolie inexplicable. Comme son petit Max, ils veulent être aimés mais savent qu’ils ne le seront jamais que par eux-mêmes. Comme son petit Pierre, ils se foutent de presque tout et ne se privent pas de le dire.
Sendak censuré
A quelques reprises, et malgré la réputation élogieuse dont jouit Sendak, cette représentation sombre de l’enfance l’expose à la censure. Au début des années 1970, il publie «In the Night Kitchen», traduit chez nous en «Cuisine de nuit». Le petit héros est représenté nu. Cette audace vaut au livre d’être interdit dans plusieurs états américains. Des libraires vont jusqu’à gribouiller une couche sur le sexe du héros.
Un des plus grands mérites de Sendak est de n’avoir jamais contracté cette maladie qui frappe beaucoup d’auteurs de livres pour la jeunesse, cette idéalisation gagatisante de l’innocence des petits. Le «New York Times» raconte qu’il n’hésite jamais à se moquer des lettres ridicules que les écoliers lui envoient sur ordre de leurs maîtresses. Les mômes de ses contes ressemblent aux vrais enfants. Ils sont égocentriques et insupportables, comme les monstres qui peuplent leurs chambres.
Dans les années 1980, Sendak s’intéresse à l’opéra. Il monte «Casse-noisette», «la Flûte enchantée» ou «Hansel et Gretel». Cela le mènera à donner en 2003 une adaptation de «Brundibar», l’opéra du tchèque Hans Krasa, évocation satirique de la tyrannie hitlérienne interprétée pour la première fois en 1943 par les enfants du camp de concentration de Theresienstadt.
En 2009, Spike Jonze et Dave Eggers adaptent «Max» au cinéma et réactualisent l’univers très sixties de Sendak. C’est une adaptation intelligente, à la fois libre et fidèle. Les deux artistes comprennent que la mort est au centre du récit: on y voit Max somnoler à l’école et sortir de sa torpeur lorsqu’il apprend que soleil va mourir – et que l’humanité disparaîtra avec lui.
Sendak, à ce moment-là, est déjà très âgé. Il vit, reclus et solitaire, dans sa maison de Ridgefield, Connecticut, où il écoute Mozart et relit Melville. En 2007, deux ans plus tôt, il a perdu son compagnon de presque toujours, le psychanalyste Eugene Glynn. Il a révélé en 2008 qu’il était gay et que ses parents ne l’ont jamais su.
Il travaille sur un livre qui sortira en septembre 2011, «Bumble-Ardy», le premier depuis une trentaine d’années. Cela raconte l’histoire d'un enfant-porc dont les parents ont été mangés, et qui s’organise une fête d’anniversaire démente. Il écrit et illustre un poème sur l’amour qu’il porte à son frère Jack. Le livre devrait sortir au début de l’année 2013. Il sait qu’il va mourir. Il dit: «Je suis prêt.»
David Caviglioli via BibliObs
Coup de coeur spécial Fêtes des mères: « Amy et Isabelle » d’Elisabeth Strout
Elisabeth Strout analyse avec sensibilité la complexité des relations qui unissent mères et filles à l'aube de l'adolescence de celle-ci dans un foyer monoparental !
Un livre 100% féminin et très intelligent à découvrir et s'échanger... entre mère et fille !
Strout Elisabeth, Amy et Isabelle, Éd.Écriture, 400p., 24,70 euros
Coup de coeur ! « Leçons singulières » (David Abbott, éd. Rivages)
Il est difficile de croire que Leçons singulières est un premier roman tant David Abbott maîtrise son sujet et lui insuffle une puissance et une émotion intensifiées par la retenue dont il fait preuve tout du long. Il compose une belle sonate de l'intime, tout en justesse et profondeur. Le cheminement psychologique du héros - déclenché par des événements aussi inattendus que déterminants - est évoqué de manière extrêmement nuancée. La compréhension de ce parcours est enrichie par de fréquents flash-back sur son mariage passé et par les points de vue d'autres personnages, proches ou non. Le pied de nez cruel du destin, qui ouvre le livre mais suit chronologiquement l'histoire, bouleverse une famille remise tant bien que mal sur les rails et, tout en suscitant inévitablement l'empathie du lecteur, renvoie violemment celui-ci à la question du sens de la vie... Leçons singulières est un roman sensible qui, à la lumière d'une vie, à l'aune de ses regrets et des décisions afférentes, pose intelligemment question.
Leçons singulières, D. Abbott, éd. Rivages, 2012, 295 p. , 26 €.
Coup de coeur : « Quelques minutes après minuit », de Patrick Ness et Siobhan Dowd
Conor est un garçon pas comme les autres. Il porte en lui le secret douloureux de la maladie de sa mère.
L'entourage de son école le regarde différemment, compassion mêlée de crainte que ce cancer, s'il venait à être publiquement prononcé, ne risque de se propager. Pitié pudique, compassion obséquieuse. Apitoiement dont Conor ne veut plus.
C'est alors que "le monstre" apparaît. Métaphore de l'acceptation, il va aider Conor à lâcher prise, à surmonter le cancer qui ronge sa mère.
Roman écrit à deux voix, celle de Siobhan Dowd prématurément emportée par un cancer, et celle de Patrick Ness, qui reprend ses dernières notes pour nous offrir un roman époustouflant de sensibilité et de justesse, servi par des illustrations atypiques. Un petit bijou !
"Quelques minutes après minuit", de Patrick Ness, d'après une idée originale de Siobhan Dowd. Gallimard Jeunesse, 18 €
Coup de coeur Fantasy (jeunesse ou non) : Bordemarge
Entrer dans un monde parallèle par un passage magique, a priori, ce n'est pas très original. Bordemarge commence pourtant comme cela, modestement. Mais bien vite, tout s'emballe et le brio de l'auteur se déploie. Dans une mise en abyme bien amenée, l'héroïne, une bibliothécaire effacée, plonge dans un univers ayant pour fonds les romans de cape et d'épée ! Elle utilise sa connaissance du genre littéraire pour se défendre tant bien que mal des visées tyranniques d'un sombre empereur. En effet, dans cet univers de carton-pâte, l'existence des personnages est régie par les clichés du genre. On ne meurt pas si l'on est un personnage principal, on peut apprendre l'escrime en quelques heures, les blessures se referment vite et la fatigue ne se fait jamais sentir !
Des ficelles bien tirées, donc, et une fraîcheur dans l'intrigue qui font de ce petit roman français un page-turner bien agréable. A conseiller aux amateurs du genre, historique ou fantastique.
COUP DE COEUR : « Et puis, Paulette », Barbara Constantine.
Rencontre du 3ème âge dans une Auberge Espagnole !
Un récit plein d'humour et de tendresse sur la solidarité face à la solitude !
Une belle leçon de vie ...
Et puis, Paulette, Barbara Constantine, Calmann-Lévy, 17,40 €, 305 pages




